L'attaque d'un château fort![[PAGE D'ACCEUIL]](dessins/Home.gif)
Comme on peut s'en douter, un château fort
n'était pas facile à prendre par la force. Un petit
nombre de défenseurs pouvaient résister à beaucoup
d'assaillants pendant longtemps. C'est pourquoi, il
n'était pas rare d'utiliser la ruse ou d'essayer de
soudoyer la garnison d'un château pour le prendre plus
facilement.
La méthode la plus utilisée était le siège:
le château était encerclé et les approvisionnements
étaient coupés. Il n'y avait plus qu'à attendre
l'épuisement des ressources en eau et en nourriture des
assiégés qui finissaient par se rendre. Si le château
avait le temps de se préparer à subir un siège, toutes
les ressources des environs étaient récupérées et
stockées à l'intérieur. Un siège pouvait donc durer
très longtemps. Cette situation n'était pas facile à
vivre pour les deux camps et les risques de maladie et de
démoralisation étaient importants.
Pour accélérer la prise de la place forte, il fallait
donc passer à l'attaque proprement dite du château.
Différentes tactiques et armes pouvaient être mises en
uvre pour parvenir à l'intérieur du château.
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Un moyen de s'emparer d'un château sans le détruire
était de passer par dessus ses murs d'enceinte. Les
fossés entourant la fortification étaient remplis de
broussailles et de terre ou bien vidés par drainage.
Ensuite, l'escalade des murs pouvait commencer. Les plus
habiles pouvaient simplement grimper à main nue ou bien
à l'aide de cordes en les arrimant aux créneaux. Les
échelles permettaient d'atteindre plus rapidement le
sommet du mur. Toutes ces méthodes avaient le gros
défaut d'exposer les attaquants à la riposte des
défenseurs du château qui pouvaient facilement les
arroser de projectiles divers. La tour de siège,
appelée Beffroi, permettait d'approcher à couvert. Cet
engin était déjà utilisé pendant l'antiquité.
C'était une tour de bois montée sur roue et recouverte
de peaux mouillées pour la rendre ininflammable. Sa
hauteur était calculée pour dominer le sommet des
murailles attaquées. Elle avait souvent plusieurs
étages permettant d'acheminer un grand nombre
d'attaquants. Son sommet était équipé d'un pont mobile
servant de protection pendant le déplacement et qui, une
fois rabattu, permettait de prendre pied sur le mur de
fortification. Les défenseurs utilisaient des perches de
bois pour tenter de repousser les tours. Ils pouvaient
également se servir d'armes de jet (Trébuchet par
exemple) pour essayer de détruire le beffroi. Les plus
hardis effectuaient parfois des sorties la nuit pour
mettre le feu à ces tours.
Une autre tactique était d'essayer de provoquer des
brèches dans les fortifications afin de pénétrer à
l'intérieur. A cet effet, plusieurs méthodes pouvaient
être utilisées. Nous allons essayer de les décrire. |

Tour de siège recouverte de peaux.
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Une des méthodes les plus anciennes, pratiquée des
l'antiquité, était d'utiliser un bélier pour casser un
mur ou bien défoncer la porte du château. Le bélier
était constitué d'une grosse poutre de bois terminée
par une tête de métal. Il était suspendu à une
armature en bois afin de lui donner un mouvement
pendulaire pour frapper le mur avec plus de force. Il
était muni d'un toit afin d'abriter les hommes le
maniant et, tout comme le beffroi, recouvert de peaux
humides pour éviter de prendre feu. La meilleure
défense contre le bélier était de construire des murs
très épais.
Cette technique, très efficace, consistait à creuser
une galerie sous le mur d'enceinte en étayant au fur et
à mesure avec des poutres de bois. Ensuite, les mineurs
mettaient le feu aux poutres ce qui provoquait
l'écroulement d'une partie du mur. Afin de pouvoir
s'approcher des fortifications, les mineurs s'abritaient
sous une "chatte",
galerie de bois recouverte de peaux. Pour se protéger de
ce type d'attaque, il fallait construire sur une base
solide (rocher) ou bien faire des murs très larges du
bas. Il était aussi possible de construire une
contre-mine afin de repousser les mineurs adverses avant
de combler le tunnel. Malheureusement, cela pouvait
également accélérer l'effondrement du mur et ouvrait
un passage vers l'intérieur du château. |
L'utilisation d'engins mécaniques capables de
lancer de gros projectiles date de l'antiquité et plus
particulièrement de l'époque romaine. La terminologie
utilisée pour décrire ces engins est loin d'être
claire. La catapulte, du grec "Kata"
(transpercer) et "pelte"
(bouclier), est un terme générique pour décrire ces
engins mais désigne également un type précis de
machine. Les engins des Romains utilisaient la force de
tension ou de torsion pour propulser leurs projectiles.
Un nouveau type d'appareil apparut au moyen-âge,
utilisant des contre-poids. Décrivons maintenant
quelques-uns de ces engins.
- La Baliste
On emploi généralement ce terme pour designer une sorte
de grosse arbalète montée sur un pied pouvant être
munie de roues. La baliste était capable de lancer des
flèches géantes de plusieurs mètres ou des barres de
fer rougies au feu. Son mécanisme style arbalète la
rendait très précise et facile à manier.
- La pierrière
Cet engin était destiné à lancer de grosses pierres et
fonctionnait grâce à la tension de cordes et de
ressorts. La pierrière est l'image type de la catapulte
telle qu'on se la représente généralement. La pièce
essentielle est un bras se déplaçant dans un plan
vertical mu par des ressorts de bois entourés de corde.
Ce bras était monté sur un chariot de bois et se
terminait par une cuiller recevant le projectile. On
armait ce bras au moyen d'un treuil afin de l'amener en
position horizontale. Lorsque ce bras était relâché,
il était violemment ramené à la position verticale et
arrêté par une forte traverse. La pierre contenu dans
la cuiller était ainsi projetée avec force.
- Le trébuchet
Apparu durant le XIIe siècle, cet engin à contre-poids
est la seule arme inventée au moyen-âge. Le trébuchet
aurait déjà été utilisé en Chine avant d'être
introduit en occident probablement par les Maures. Il
remplaça le plus souvent les engins à torsion durant le
XIIe siècle. Le trébuchet ressemble à une énorme
balance suspendu à un cadre de bois. Un contre-poids
était attaché au bras du coté le plus proche de l'axe
de rotation. De l'autre coté pendait une grosse poche en
cuir contenant les projectiles. Le bras était abaissé
à l'aide de treuils et de poulies puis relâché pour
arriver à la verticale et projeter la charge contenue
dans la poche. On pense maintenant qu'un gros trébuchet
pouvait lancer environ 150 Kg de pierres à une distance
de 300 mètres pour un contre-poids de 10 tonnes.
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De gauche à droite: Balliste, pierrière, trébuchet
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